"Il y a des soirs comme ça où tout s'écroule autour de vous."
La nostalgie s'empare parfois de tout notre être. Une sorte de passivité exsangue. On a tout perdu. On essaye alors de récréer, dans l'espoir peut-être d'un lendemain, mais pas d'un avenir, ce mot là fait trop peur. Il y a déjà eu tellement de douleur, tellement de souffrance. On sait pertinemment que ce ne sont pas les dernières mais à aucun prix on ne veut retomber dans les douleurs passées, on recréé sans cesse de nouvelles douleurs, de nouveaux maux, pour le plaisir d'étudier ensuite les douleurs, les comportements, les situations, pour que notre vie soit ne serait-ce que quelque peu moins monotone. Ecrire soulage, ne serait-ce qu'un peu. La routine me fait peur. L'avenir aussi. Ce sont mes deux plus grandes peurs. Il y a aussi la peur de perdre plus qu'on a déjà perdu. Car malgré tout, il y a des gens pour qui on reste, pour qui on se force et s'efforce d'être en vie, vivante parmis la mort des instants déjà trop vieux, usés, passés, oubliés. La mélancolie est déjà une vieille amie. Je fais douloureusement et lentement mon deuil. Je ne sais même pas de quoi.
Avancer lentement, sans s'engager, purement et simplement par économie de souffrances.
Un avenir d'études, d'analyse, de recherche et certainement alors d'incompréhension et encore et toujours de désillusions. Ce n'est pas la fin. Pas encore.