Réfléchis... à toutes les options qui s'offrent à toi... les maigres espoirs qui te sont permis. Je ne produis plus rien. Dans cette société de production qui nous enferme. Ce n'est pas par pur acte de rebellion. Ni volonté. Car il n'y a pas vraiment de volonté. Je n'aspire, je crois, qu'au bohneur. Du moins l'absence de malheur. Je touche pertinemment et quotidiennement au bonheur. Et trouve encore moyen de me plaindre. Dois-je tout le temps comparer? Pour me forcer a me remettre à ma place. Ma pauvre condition d'enfance surchoyée. Surchoyée ? Ou vais-je ? Errant entre compassion et tendance d'humilité. Cette inévitable tendance à me plaindre, ammener à me détester, a force de trop détester ma vie dorée. J'ai tant souffert. Et sais que le pire est à venir. Cela fait longtemps que je n'ai pas souffert comme j'en ai l'habitude. Je sais que je n'en sortirais jamais. Il m'est d'autant plus précieux. Il y a [pourtant] cette frontière d'inconnu et donc d'incohérence qui nous sépare. Cette détestable distance que je m'efforce de réduire, avec ou sans ses efforts. Je n'aime pas me plaindre. Je ne fais que ça. Mes propose sont décousus. Doit-on partir du simple fait que toutes les choses ont une signification ? Devrais-t-on alors chercher, dans chaque fait, un sens, cognitif ou non ?
S'il te plait. Je te demande de me pardonner. Pour tout le mal que je te ferais innexorablement, un jour. Je te déteste d'avance pour tout le mal que tu me fera. Mais s'il y a souffrance, c'est qu'à priori, il y aura eu ou même qu'il y a amour. Je te veux, tu sais. Je n'aspire qu'à la réunion de nos deux êtres. Dans quelle issue ? Y a-t-il seulement besoin d'issue ? Avons nous le droit de ne pas chercher de but ou une productivité quelconque dans nos actions et envies ? Voilà alors une chose qu'on ne pourra jamais détruire. Qu'aucune société quelle qu'elle soit, aussi totalitariste soit-elle, ne pourra jamais empêcher l'homme d'aimer. Par analogie, rien ne pourra non plus empêcher l'homme de souffrir. Et non, il n'y a pas de notion aucune de productivité dans la souffrance. Si ce n'est la destruction. Valeur admirable par certains aspects. Quand on remarque les efforts effroyables d'imagination et de conception que l'homme est capable de déployer dans le seul but de destruction. Une issue dans laquelle je me réfugie fréquemment. Pour assouvir un trop plein de haine formidable.
Peut-on baser une vie sur les relations humaines ? Et inversement ? Une optique de vie alors. Peut-on faire fi des valeurs d'accomplissement que contiennent le travail ? A l'opposé, peut-on concevoir une vie sans sexe ? Une vie de dévotion, corps et âme. A quoi alors ? Les autres ? Un rêve, une tendance, un absolu.
A-t-on le droit de pleurer, ne serait-ce qu'un instant ? Sur la lâcheté de l'homme. La cupidité de la femme. Le fonctionnement abusif et effrayant du système. L'égoïsme de la race humaine. La méchanceté d'un enfant. L'égocentricité des classes dites supérieures. Les profiteurs de ce système. La haine que l'on peut nourrir. Parfois à l'encontre de soi-même.
Peut-on reprocher à deux être humains, tellement imprégnés de leur égoïsme qu'ils en deviennent aveuglés, incapables alors d'ouvrir les yeux un monde qui se meurt, et oser donner la vie, au milieu de la mort. Je n'arrive pas à comprendre. Oui, peut-être qu'un jour on me fera ouvrir les yeux sur la beauté d'être mère...
On nous donne, dès notre plus jeune enfance, des valeurs sacrées, aussi athés soyons nous, à défendre, envers et contre tout. De quel droit les assimilons nous ? Sans aucune preuve de leur intégrité et de leur justesse.
Je tourne en rond et n'aspire qu'à une seule chose : être avec lui. A l'abri des autres et de leurs sarcasmes...